Le vélo est-il vraiment fait pour fuir ses responsabilités ? 

La rédaction de la bicycle écoute les commentaires des anti-vélos. Pour certains, être cycliste c’est fuir ses responsabilités. Partir s’entraîner serait égoïste, un sport d’individualiste.

Pour d’autres, ceux qui circulent en vélo ne respectent pas le Code de la route. D’une certaine manière, c’est leur dire qu’ils fuient leurs responsabilités.

Au mieux, le cycliste amateur passe pour un sociopathe. Au pire, c’est un monstre d’égoïsme, un lâche. Alors, le vélo est-il pratique pour fuir ses responsabilités ?

La réputation d’irresponsables est-elle d’après vous justifiée ? Les amis, en quelques lignes, tentons d’y mettre un terme ! 

1 – Fuir ses responsabilités en général : ça veut dire quoi ?

On dirait bien qu’il y a un petit jugement de valeur, non ? Fuir ses responsabilités, c’est ne pas les prendre, on est d’accord ? Bien souvent, le compliment est réservé aux personnes jugées immatures.

Alors, pourquoi les cyclistes seraient-ils comme ça ? C’est le vélo qui rappelle l’enfance ? Commençons par le début. C’est quoi « prendre ses responsabilités » ? Un petit tour du côté du coaching personnel va nous aider.

Nos amis coachs ont leur propre glossaire. Pour eux, prendre ses responsabilités, c’est surtout assumer sa vie. Donc, en toute logique, fuir ses responsabilités, c’est ne pas assumer sa vie.

C’est penser que ce qui nous arrive est de la faute de quelqu’un d’autre. Pour un cycliste, pensez-vous que c’est indiqué ? Pouvez-vous vous ranger dans cette typologie ?

La définition du dico est plus large. Prendre ses responsabilités c’est répondre de ses actes. Cela, en fonction de son rôle, des charges à assumer.

Il s’agit de supporter les conséquences de ses actes. Pour le sens commun, demandez autour de vous, c’est encore plus large. Il s’agit d’assumer ses actes passés, présents et futurs.

Mais on trouve aussi l’idée de prendre des décisions, les plus appropriées, pas les plus faciles.

Fuir ses responsabilités à vélo ? 6 explications indispensables

2 – Le cycliste serait le pro pour fuir ses responsabilités ? 

Partant de là, est-ce que, sur le terrain, on peut vérifier deux ou trois choses ? Connaissez-vous un cycliste qui serait capable de vous dire qu’il fait du vélo à cause des autres ?

Nos amis vététistes, cyclistes, compétiteurs ont tous choisi leur passion. Enfourcher un vélo ne leur a pas été imposé. Il est très difficile d’en trouver un qui serait capable de l’affirmer en gardant son sérieux.

Fuir ses responsabilités c’est aussi ne pas répondre de ses actes. La définition ajoute « en fonction de son rôle, de ses charges ». Le cycliste assume, c’est bien connu.

Jamais il ne dira que s’il a raté sa cyclosportive, c’est de la faute des autres. Contrairement à d’autres sports, il est seul sur le vélo. La machine peut parfois être accusée, mais c’est plutôt rare.

Fuir ses responsabilités, c’est également ne pas prendre de décisions. Se laisser porter, se laisser aller à la facilité. Soyons sérieux, qui pense que le vélo, le VTT est une passion facile ?

Tout le monde connaît la difficulté de trouver du temps libre pour sa passion. Le cyclisme est un sport exigeant. Il faut savoir s’alimenter, parfois prendre des décisions difficiles. Faire des sacrifices, pour conserver un niveau sportif intéressant. 

Fuir ses responsabilités à vélo ? 6 explications indispensables

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3 – Fuir ses responsabilités en vélo : que voulez-vous dire précisément ? 

Les anti-cyclistes, accusent les cyclistes de ne pas jouer le jeu du Code de la route. Pour eux, faire du vélo c’est fuir ses responsabilités d’usager de la route.

Magnifique, faisons le point, là-dessus également ! Tout d’abord, le cycliste, amateur, sportif, occasionnel, ne reste pas les bras croisés. Les nombreuses associations, clubs, en France et ailleurs, témoignent que le milieu est actif.

Les contributions des uns et des autres à la construction du grand plan vélo sont-elles fictives ? 

Par ailleurs, déplaçons un peu le débat sur le Code de la route. Les règles ont été élaborées en … 1921, le tour de France n’avait que 2 ans. La voiture était en pleine expansion.

Très peu d’usagers motorisés étaient présents sur les chaussées. Néanmoins, on peut lire que les règles s’appliquent à l’ensemble des véhicules. Mais en réalité, il s’agit essentiellement des voitures. 

Ainsi, griller un feu rouge est dangereux, certes. Mais parfois, rester dans la circulation en attente que le feu passe au vert l’est plus encore. Le cycliste prend ses responsabilités et choisit de préserver sa sécurité.

Pour lui, il s’agit de rester visible, démarrer ou passer au rouge est un moyen de rester isolé. D’autres commentaires parlent de « mettre en danger la vie des autres ». Mais un cycliste a rarement mis la vie d’un automobiliste en danger. L’inverse est plus vrai. 

    Fuir ses responsabilités à vélo ? 6 explications indispensables

    4 – Faire du vélo pour rester en forme est-il fuir ses responsabilités ? 

    Apprendre à grimper un col comme un pro ressemble-t-il à un comportement d’irresponsable ? Porter un gilet jaune pour sa sécurité est celle des autres est-il fuir ses responsabilités ?

    Chercher à participer à une cyclosportive, est-ce ne pas s’assumer ? Pédaler lorsqu’on a plus de 50 ans, pour nous, c’est plutôt assurer non ? Par ailleurs, les chercheurs voient dans la course cycliste une métaphore du modèle méritocratique.

    Le Tour de France susciterait pour cette raison les passions. Sortir du peloton ou lutter pour ne pas se faire distancier : ça vous parle ?

    Le cycliste, vététiste, rouleur, s’entraîne toute l’année. Cela contribue, on le sait, à maintenir en « bon état général » son corps. Les maladies cardiovasculaires reculent quand l’activité physique augmente.

    Faire du sport, c’est préserver la sécurité sociale ! C’est éviter de rejeter sur les autres la responsabilité de la prise en charge de son physique.

    Une étude de 2018 le prouve : les salariés cyclistes ont 15 % d’arrêts maladie en moins. Ils souffriraient de moins de dépression et de diabète.

    Il ne s’agit pas de donner des leçons. Pour nous, chacun fait ce qu’il veut et, surtout, peut, pour y parvenir. On sait, par exemple, que les femmes cyclistes ont plus de difficultés à trouver du temps libre.

    La faute à la répartition des charges domestiques, entre autres. On sait également que les pratiques sportives sont déterminées par l’origine sociale. Sur ce point, le cyclisme est l’un des sports les plus mixtes qui soient.

    Fuir ses responsabilités à vélo ? 6 explications indispensables

    COLLECTION FEMMES

    5 – Faire du vélo pour moins polluer signifie-t-il fuir ses responsabilités ? 

    Du point de vue de l’environnement maintenant. C’est un lieu commun, mais quand même. Vous préférez une course de moto ou une course cycliste ? Qu’est-ce qui est le moins polluant ?

    Une compétition de motocross ou une course de VTT ? À part les grandes compétitions de l’UCI, la plupart des cyclosportives ne polluent pas. C’est un premier point, le cycliste prend ses responsabilités à l’égard de la planète.

    Parce qu’il ne faut pas l’oublier. Les cyclistes et vététistes s’entraînent dès qu’ils le peuvent. Ils ont le vélo chevillé au corps. C’est eux qu’on voit, en ville, ou à la campagne, rouler l’hiver.

    Dès qu’ils en ont l’occasion, ils enfourchent leur vélo pour aller faire les courses. Comme Martial, un de nos amis cyclistes, peut en témoigner : « j’ai un vélo de ville, que j’utilise tous les jours.

    C’est mieux pour moi, mieux pour la pollution. Alors bon, des fois, je prends bien une ondée, mais c’est rien, ça ne tue pas !  ».

    Cyclistes de tous les horizons, ne nous laissons pas impressionner par les pseudos études ! Le magazine Auto-Moto pouvait il y a quelques années affirmer que le bilan carbone du vélo était pire que celui d’une voiture.

    Aujourd’hui, cela serait difficile de publier une telle contre-vérité. Une voiture moyenne, pour deux personnes, émet 1,7 kg de CO2 pour 100 km. Pour un cycliste, le bilan est estimé négligeable.

         

        Fuir ses responsabilités à vélo ? 6 explications indispensables

        6 – Mea-culpa ! Parfois, le cycliste en profite pour fuir ses responsabilités.

        Mais c’est pour mieux y revenir ! Bon, ok, parfois, ça fait aussi du bien de fuir ses responsabilités sur le vélo ! Qui n’a pas, un jour, pris le prétexte de l’entraînement pour fuir un diner, une sortie en famille ?

        Pratique, le vélo, lorsque l’on roule, est une zone blanche à lui tout seul. Profitez-en, les excuses pour rester déconnecté se font de plus en plus rares. Pires, elles sont de moins en moins acceptées.

        Et pourtant, à vélo, il est facile de déclarer « je captais pas là où j’étais ». Ou bien encore de souligner le danger que représente le fait de parler au téléphone sur un vélo.

        Alors oui, le cyclisme sert à fuir ses responsabilités. En réalité, n’est-il pas tout simplement une passion, qui offre une bouffée d’air frais ?

        Passons au sujet qui fâche, le tour de France et son bilan carbone. Alors les cyclistes qui fuient leurs responsabilités environnementales, y sont légions.

        Mais il faut surtout pointer le regard sur la machinerie dans son ensemble. Cette année, ce sont 6 ONG et 34 députés qui alertent à nouveau sur la pollution qu’il génère.

        D’où vient-elle ? Les goodies distribués dans la nature (18 millions). Entre 10 et 12 millions de spectateurs se déplacent sur les routes, en voiture, camping-car.

        170 véhicules composent la caravane publicitaire. 3 tonnes de déchets collectés dans chacune des 34 villes étapes. Dont 55 % sont recyclés. Peut mieux faire ? 

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