Nos 10 étapes pour comprendre le Tour de France !

 

176 coureurs ont pris le départ du tour de France 2019. Ils sont répartis en 22 équipes, comme tous les ans. Vous suivez le tour, mais ne comprenez pas vraiment comment ça marche ?

Vous voyez des cyclistes pédaler, rien de plus. Pourtant, comme dans tous les sports, les coureurs utilisent des stratégies.

Les équipes sont en concurrence. Il faut gagner des points, pour gagner la course. Mais les coureurs sont aussi à la recherche de points pour améliorer leur classement mondial.

Décryptage d’un fonctionnement un peu obscur avec la rédaction de la bicycle ! On y va ?

1 – Le Tour de France fait partie de l’UCI Word Tour composé de 38 courses labellisées

En 2019, ce circuit est composé de 38 courses qui ont le label UCI World Tour. Le Tour de France est l’épreuve la plus importante. 3 autres courses françaises ont ce label.

Vous connaissez la seconde, c’est le Paris-Roubaix. Mais peut-être pas les deux autres. Ce sont Le critérium du Dauphiné et la Bretagne Classic.

La Belgique fait mieux, elle en a 6. L’Italie aussi, elle compte 5 courses labellisées.

Connaître le cadre global permet de mieux comprendre le tour de france. L’UCI permet aux organisateurs du Tour de France de choisir les 4 équipes restantes.

Elles doivent toutefois faire partie d’un autre cercle restreint. Celui des équipes continentales professionnelles.

Tous les ans, le suspens est de mise. Les enjeux financiers et sportifs sont importants. Les débats font rage dans la presse sportive.

2 – N’importe quelle équipe ne peut pas participer, elle doit avoir sa licence UCI World Tour

18, c’est le nombre maximum d’équipes qui participent aux 38 courses du circuit international.

Tous les ans, depuis 2 016, 18 équipes sont donc automatiquement invitées au Tour de France.

Qui sont elles ? Ce sont des équipes de marque, sélectionnées en fonction de leur classement mondial UCI. Kesako ?  

Pour faire simple, ce classement découle du circuit international. C’est pour çà qu’on vous en a parlé. Le circuit permet de classer entre eux les coureurs, et ces équipes.

Le volet par équipe se calcule avec les points des dix premiers coureurs de chaque équipe. Malheureusement, cela ne concerne que les coureurs sur route masculins.

Le classement est mis à jour tous les lundi. Il est rythmé par un calendrier roulant sur 52 semaines. 

L’UCI world tour rassemble donc 18 équipes qui participent à chacune des 38 épreuves du circuit.

Celles-ci sont obligatoirement titulaires d’une licence internationale (UCI World Tour). C’est l’union cycliste internationale (UCI) qui la délivre.

De première division, elles cumulent des points. ca aide à comprendre le tour de france

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3 – Comment est déterminé le vainqueur du Tour de France ?

Le vainqueur est celui qui a le meilleur chrono cumulé sur l’ensemble des 21 étapes. Mais attention, ça commence à se compliquer !

Suivez bien pour comprendre le tour de france ! Parce qu’il doit être le plus rapide sur les 3 catégories d’étapes.

Les étapes de plaines, celles où les coureurs emènent de grands braquets. « Des braquets de plus en plus longs » pour Thierry Marie, ancien maillot jaune et vainqueur de 8 étapes.

Mais aussi les étapes de contre la montre, celles où vous voyez les vélos du futur. Et les étapes de montagne, qui sont les plus médiatiques et les plus difficiles du Tour de France.

Le vainqueur du Tour est celui qui reçoit le maillot jaune sur la dernière étape. Pourquoi ? Parce que le maillot jaune récompense le premier du classement général !

Donc, dans une équipe, un coureur leader est toujours aidé par ses équipiers pour aller chercher la victoire.

4 – De l’utilité du peloton pour comprendre le Tour de France

Le peloton, pour les novices, c’est le groupe des loosers. Ou des coureurs fatigués, des forçats de la route qui veulent pantoufler.

Pour les pros, c’est tout autre chose. Il s’y passe beaucoup d’histoires, et surtout, le peloton parle, dit des choses.

« Un peloton en ligne exprime une volonté partagée par beaucoup de coureurs d’arriver en tête. Ce n’est pas la même histoire avec un peloton en file indienne ».

Là encore, c’est Thierry Marie qui s’exprime, il sait de quoi il parle. Lui, l’auteur de la plus longue échappée depuis la guerre (234 km).

Les coureurs qui se placent en tête du peloton cherchent à lui donner un certain tempo. Celui qui donnera les meilleures chances de victoire aux coureurs de leur équipe.

Mais ils se sacrifient, parce qu’ils dépensent énormément d’énergie.

Par ailleurs, le peloton permet également aux coureurs de se protéger. Du vent d’abord, c’est pour cela qu’il change de forme.

Une manière pour le groupe d’exploiter les vents arrière, latéraux, ou de face.

De l’épuisement ensuite, les chiffres annoncés sont de 40 % d’économie d’énergie pour les coureurs placés au milieu.

Enfin, le cyclisme et le tour ont leurs propre langage. Vous ne le saviez pas ? Le « ramier » est le coureur qui ne prend aucun relais, qui reste derrière.

Un « train » est l’action d’une équipe pour placer un des siens en tête du peloton.

En prévision d’un sprint massif (celui du peloton). Ils lui font ainsi mettre le « nez à la fenêtre ».

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5 – Les échappées (belles) : comprendre pourquoi elles existent aide à saisir leur importance

Aujourd’hui, on parle parfois d’échappées publicitaires. Un petit mot sur elles, pour mieux comprendre le tour de france dans sa globalité.

Et oui, les coureurs auraient la consigne d’exposer aux caméras leurs maillots. Ils sont couverts des logos de leurs sponsors.

33 millions de téléspectateurs cumulés en 2018, 5 millions pour les étapes de montagne. On comprend. Pour faire mieux, il n’y a que le foot.

Revenons aux échappées techniques. L’échappée est la seule solution pour un coureur et une équipe de gagner des points et du temps.

C’est l’unique voie pour améliorer sa position au classement général. En échappée, la stratégie change, et le groupe part en deux files de coureurs.

Le meneur se place devant. Puis il se laisse doubler par le coureur qui est à sa droite ou sa gauche.

Le groupe vit alors en rotation permanente. Chacun prend la tête du groupe échappé, à tour de rôle. Cela permet d’économiser les forces.

Mais ce n’est pas tout ! Si un vent de côté survient, le petit groupe se place en « éventail ». Le groupe roule en diagonale sur la route, face au vent.

Le coureur de tête se met en pointe, et les autres se mettent sous le vent, derrière lui. Par ailleurs, parfois, le groupe n’est pas composé de coureurs d’une même équipe.

Ils élaborent alors une stratégie commune pour distancer le peloton.

Enfin, les échappées peuvent également entrer en concurrence les unes avec les autres. On fait un tour de vocabulaire ?

Le « baroudeur ou puncheur » est le spécialiste des échappées. Il est aussi à l’aise pour rouler que pour grimper. Le titulaire d’un « bon de sortie » est un coureur que le peloton laisse partir en échappée.

Enfin, « prendre le bon wagon », c’est être dans la bonne échappée.

6 – L’anti-échappée, ou Gruppetto : comment être à la traîne, mais pas trop

Le « Gruppetto » est le petit – ou gros – groupe de coureurs distancé par le peloton. Vous voyez ça, souvent pendant les étapes de montage.

Il est composé des coureurs massifs, et des sprinteurs. Ils n’ont pas les mêmes musculatures que les grimpeurs !

Vous pouvez vous dire, idéalement, ils ont raison de se reposer. Pour garder des forces pour l’étape suivante. Mais voici de quoi mieux comprendre le tour de france vu de derrière !

Ils soufflent, mais ils ne doivent pas dépasser un écart de temps trop important, sous peine d’exclusion. Comment est calculé ce temps ?

Les organisateurs se basent sur le temps du vainqueur de l’étape. Et aussi sur la vitesse moyenne enregistrée.

Selon la nature des étapes et leurs difficultés, les délais d’arrivée maximums sont variables. Ils le sont en fonction de l’application de différents coefficients.

Et il y a 7 catégories de coefficients, selon la difficulté des étapes !

Prenons un exemple. La 7e étape, Belfort Chalon-sur-Saône, était classée étape sans difficulté particulière.

Cela la place dans la 1re catégorie. Voici comment se calcule le coefficient pour déterminer le temps de retard à ne pas dépasser.

Les coureurs ont roulé à 38 km/h de moyenne. Le vainqueur de l’étape – Dylan Groenewegen – a parcouru les 230 km de plaine en 6 h 02.

Le coefficient qui s’applique est de 4 %. Le retard maximum était donc de 6 h 02 x 4 %, soit 14 ’48 minutes.

Les commissaires de course peuvent exclure – sur commission – les coureurs arrivés en dehors de ce délai.

Pas de panique, ils prennent en compte les cas de force majeure, la météo. Petite trace de la culture vélo dans le règlement du tour, le concept du coureur malchanceux.

On y lit : « le collège des commissaires […] peut […] repêcher un ou plusieurs coureurs particulièrement malchanceux dans une étape ».

7 – Comment fonctionnent les classements du Tour de France ?

Ne partez pas, il faut passer par là pour comprendre le tour de france ! Le règlement détaille les différents classements généraux.

D’abord il y a le classement individuel au temps, avec le magique maillot jaune. Puis vient le classement individuel par points, et là, c’est le maillot vert !

On simplifie, pour passer au classement par équipes au temps, avec les dossards jaunes. Comment se fait le classement individuel général au temps ?

C’est la direction de la course qui l’établit. Elle additionne le temps que chaque coureur effectue dans chaque étape.

Puis elle le pondère par les pénalités et les bonifications. Celles-ci sont attribuées en secondes, aux arrivées d’étapes en ligne.

Elles sont données aux trois premiers de chaque étape. Les temps bonus sont de 10, 6, et 4 secondes.

Il y a également un système de points bonus donnés à des endroits clés du parcours. Mais ils sont attribués seulement sur 8 étapes du Tour.

Comment se fait le classement individuel par points ? La direction de la course additionne les points des coureurs.

Ceux-ci sont attribués selon des règles qui changent en fonction de la difficulté de l’étape.

Ils sont donnés à l’arrivée de chaque étape, mais aussi lors des sprints intermédiaires sur les étapes sans difficulté particulière.

Le classement général par équipe est technique. La direction du Tour l’établit en additionnant les trois meilleurs temps individuels de chaque équipe.

Elle fait ce calcul à chaque étape, à l’exception de la 2e étape (contre la montre par équipe).

le vélo du futur transmissions simples

8 – Les domestiques, les coureurs protégés, pour comprendre comment vit le Tour de France

Les domestiques viennent en aide, épaulent le coureur protégé d’une équipe. Ce dernier n’est pas toujours le même, ça dépend des étapes et de la stratégie.

C’est soit le grimpeur, soit le sprinteur, soit le leader, celui qui peut aller à la victoire du tour. Comment décrypter le manège du domestique ?

Comment mieux comprendre le tour de france de ce point de vue ?

C’est lui qui apporte de l’eau ou des victuailles. Il doit alors faire preuve d’agilité, pour se faufiler jusqu’à la voiture de ravitaillement.

C’est également lui qui tire le protégé en montage. Ou qui se met devant le leader pour le protéger du vent.

L’équipier, ou domestique est-il important ? Plus que cela, un leader peut perdre le tour parce qu’il a perdu son domestique.

C’est surtout vrai dans les étapes de montagne, où les organismes sont mis à rude épreuve.

Ayez bien en tête que tous les coureurs sont contraints par les coefficients de temps.

Un leader qui se « cramerait » en montagne, sans domestique pour l’aider, peut facilement arriver hors délai.

C’est alors la disqualification potentielle, une catastrophe pour l’équipe.

9 – La maîtrise technique et nerveuse, un point important pour mieux comprendre le Tour de France

Seuls les très grands athlètes peuvent gagner le tour de France. Il faut d’abord avoir des capacités physiques hors du commun.

Puis savoir maîtriser ses nerfs. Les coureurs entre eux, et surtout les leaders, se mettent la pression.

L’objectif est de faire craquer l’adversaire. Ils sont en cela aidés par leurs coéquipiers. Dans la limite de ce qui est autorisé sportivement par le règlement.

Mais il faut également pouvoir encaisser les conditions météo extrêmes (pluie, neige, grêle, vent).

Sur 21 étapes, en 3 semaines de course, les amplitudes de températures sont importantes.

Mais il faut également maîtriser techniquement la conduite du vélo. Dans le peloton, où il faut savoir rouler à vive allure, à quelques centimètres de ses voisins.

D’ailleurs, parfois, « ça frotte » dans le peloton. Les coureurs se heurtent de l’épaule, du coude, du genou.

Quand cela se produit, c’est qu’une attaque se prépare, un sprint ou une échappée. Attention, c’est pénalisé si c’est trop volontaire.

En descente, il faut pouvoir rouler à plus de 100 km/h. Dans les virages, il faut savoir prendre des risques sans glisser.

Le Tour de France est extrêmement varié sur la typologie des reliefs. C’est une difficulté supplémentaire.

10 – Pourquoi le Tour de France est si compliqué à comprendre ?

Il faudrait bien plus qu’un article pour comprendre le tour de france. Les spécialistes nous pardonneront, une fois de plus, pour les raccourcis effectués.

Ce qu’il faut avoir à l’esprit, c’est qu’il n’y a pas une stratégie, mais une multitude. Les stratégies sont étroitement dépendantes des conditions météorologiques.

Mais elles sont d’abord déterminées par la nature des étapes.

Chaque jour, les équipes établissent une stratégie particulière. Soit pour se battre sur le plan du classement général par équipe.

Ou pour aller chercher le classement du meilleur grimpeur. Ou bien encore pour améliorer le classement aux points.

Le maillot jaune n’est pas la fin ultime recherchée en permanence.

Vous l’avez compris, les stratégies dépendent aussi, bien sûr, des équipes elles-mêmes. Des coureurs qui entrent dans leur composition.

Des équipes peuvent être composées spécifiquement pour gagner le tour. C’est l’aspect coaching de chaque WorldTeam.

L’équipe Sky en 2012 était par exemple bâtie pour dominer systématiquement toutes les étapes.

L’objectif était de rouler devant, le plus vite possible. C’est le terme du « train » qui désigne cette tactique. Ils devaient empêcher les bons grimpeurs adverses de démarrer.

Parce que l’équipe Sky savait que son leader n’était pas à l’aise en montagne. L’objectif était d’éviter de maximiser les gains sur les étapes de plat.

Bonus : le poisson-pilote !

 

C’est lui qui aide le sprinteur d’une équipe à aller à la victoire grâce au sprint.

Une équipe qui a un sprinteur – un coureur explosif – met toujours ses paris sur les victoires d’étape.

Pour gagner une étape par le sprint, il faut être bien placé, dans les 200 derniers mètres.

Le poisson-pilote va être celui qui va permettre au sprinteur de remonter le peloton pour se placer dans cette position idéale.

Quelle est sa qualité première ? Savoir mettre son ego de côté. Comme l’exprimait Mickaël Delage, un des deux poissons-pilotes de l’équipe FDJ.

« Le rôle de poisson-pilote vient naturellement si on a l’esprit de sacrifice. Un coureur dans l’équipe est plus fort que soi, on se met à son service ».

Comprendre le tour de france c’est aussi comprendre les coureurs !

Pour filer la métaphore animalière jusqu’au bout, le poisson-pilote fait sa part du colibri. Le Tour de France est magnifique, suivez-le avec attention !

Maintenant, vous êtes mieux armé pour comprendre le tour de france non ? Sauf si vous y cherchez des femmes cyclistes, mais ça, c’est une autre histoire…

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