Porter un masque anti pollution à vélo est-il vraiment utile ?

Les cyclistes sont des individus prudents. Nous n’avons pas le choix, nous pratiquons un sport mécanique. Notre terrain d’entraînement est…la route.

La rédaction de la bicycle s’est déjà penchée sur l’aspect sécurité. Nous voulons aujourd’hui nous intéresser à la santé. L’été est propice à l’augmentation de la pollution de l’air.

C’est une période qui favorise également les sorties cyclistes. Nous sommes exposés à plus de risques.

Comment faire pour résoudre cette équation impossible ? Porter un masque anti-pollution ? Est-ce un placebo ? Nous souhaitons vous apporter des informations.

Rien qu’avec les chiffres, on voit que la question est sérieuse. En France, la pollution de l’air serait responsable de 48 000 morts par an. Porter un masque anti pollution et connaître l’existence de la loi sur l’air est-il suffisant ? 

1 – Porter un masque anti pollution à vélo : l’Anses ne se prononce pas

 

Comme souvent, les scientifiques du secteur public ne se prononcent pas. Il est vrai que le dossier est éminemment politique. Il s’agit de santé publique, cela peut coûter cher à l’État.

Des études scientifiques pourraient conduire les cyclistes à porter plainte. Des sujets connexes ont dernièrement défrayé la chronique. L’exemple de l’amiante est parlant.

Les résultats scientifiques ont fait la preuve qu’un lien de cause à effet existait. Conséquence, les assurances se sont tournées vers les responsables.

Plus loin dans cet article, nous exposons une situation récente. Un recours contre l’État qui concerne la qualité de l’air. Mais qui est responsable cette qualité ? C’est bien l’État, garant de l’intégrité physique de ses citoyens. 

L’Anses a publié en mai 2 018 une étude sur la question. Ses conclusions sont qu’elle n’a pas assez d’éléments pour se prononcer.

Impossible pour elle de dire si porter un masque anti pollution a velo protège. En complément, elle ajoute qu’il faut mieux porter le fer ailleurs.

Sur l’amélioration de la qualité de l’air. Elle souligne qu’il est également nécessaire d’informer. Puis d’indiquer les comportements à adopter pour limiter l’exposition à la pollution.

Ok, pour nous, cyclistes, cela revient à ne pas sortir du tout. Où à choisir les heures les moins polluées de la journée. Cela fait au final partie des choses indispensables à savoir pour rouler au printemps et en été.

2 – Porter un masque anti pollution et rôle de l’État

Depuis mai 2 019, la justice cherche à évaluer la responsabilité de l’État dans la qualité de l’air. On parle de carence fautive de l’État. La décision risque de faire jurisprudence.

Ou de faire naître des plans drastiques d’alerte pollution. Dans cette affaire, le rapporteur public propose de retenir la responsabilité de l’État.

C’était lors du pic de pollution à Paris en décembre 2 016. Dans ce contexte, porter un masque anti pollution en velo aurait-il pu aider ?

Les plaignantes ont sollicité la justice parce que leurs problèmes respiratoires se seraient aggravés depuis ce pic de pollution.

Or, le cadre légal national est régi par la loi du 30 décembre 1996. Elle stipule que l’État concourt à  » la mise en oeuvre du droit […] à respirer un air qui ne nuise pas à sa santé ».

L’Europe est semble-t-il sur la même voie. En mai 2018, la Commission européenne renvoyait 6 États en justice. La raison : ne pas avoir respecté les normes de qualité de l’air.

La France et l’Allemagne faisaient partie du peloton de tête. Depuis 25 ans donc, un droit à l’air pur existe en France. C’est l’État qui doit garantir ce droit.

Si obtenir un air pur est difficile, pourquoi ne pas inciter à porter des masques anti pollution ? Est-ce que la réponse est dans les résultats de l’Anses ? Pour nous, cyclistes, le masque est-il le pendant santé du gilet jaune ?

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3 – Pollution de l’air : porter un masque anti pollution, mais contre quoi ?

Porter un masque anti pollution contre quoi exactement ? Les principaux polluants de l’air sont les dioxyde d’azote et l’ozone. On trouve aussi des particules fines, celles qui passent la barrière des filtres naturels des poumons.

Il y a également le monoxyde de carbone et le dioxyde de soufre. Leur concentration dans l’air ne doit pas dépasser un certain plafond.

Avoir quelque chose sur la bouche et sur le nez rassure. Cependant, porter un masque anti pollution en velo a une efficacité variable.

Elle dépend de sa conception, qui doit être ergonomique. Le masque doit très bien s’adapter au visage. Vous devez le tester pour savoir s’il vous va. Mais surtout, l’essayer en faisant un effort intense. Et voir s’il permet la récupération tout en roulant.

Son filtre doit stopper les particules fines (de 0,1 à 1 micromètre). C’est la taille des bactéries, fumées de tabac, de pétrole, cendres volantes.

C’est aussi la taille de certaines poussières en suspension. Le CIRC (centre international de recherche contre le cancer) les a classé cancérigènes.

Pour l’OMS, les particules de moins de 2,5 micromètres sont les plus dangereuses. Elles tueraient plus de 4 millions de personnes dans le monde par an.

Les particules fines sont visibles. Elles composent les fumées, résidus de combustion des voitures, usines et cheminées. Pourquoi sont-elles dangereuses pour votre santé ?

Elles pénètrent en profondeur dans les poumons et y restent. Elles provoquent des inflammations et aggravent l’état de santé de personnes déjà malades.

Pour les composants gazeux, c’est une autre affaire. Porter un masque anti pollution a velo ne permet pas de s’en protéger.

Les modèles certifiés FFP3 de masque anti pollution ne préservent pas du dioxyde de soufre ou d’azote. C’est pourtant la norme la plus exigeante.

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    4 – À l’étranger, porter un masque anti pollution est très courant, et pourtant…

    Les images-chocs montrent les cyclistes urbains des mégapoles d’Asie. Ils portent des masques en papier, qui sont très peu efficaces. Bref, qui ne servent à rien !

    En effet, le principal problème du masque, c’est son ergonomie. Pour que porter un masque anti pollution soit 100 % efficace, il ne faut aucune fuite. Or les masques en papier, ou bon marché, ne remplissent pas cette condition.

    Pour cela, il faut y mettre le prix (170 €). Le cyclisme n’est pas un sport qui coûte très cher, faites un effort là-dessus. Une marque française propose ce type de produit, le R-Pur Nano.

    Il est annoncé comme étant 10 fois plus efficace que la norme européenne FFP3. Il apporterait un confort d’utilisation dans l’effort. Notamment parce qu’il facilite l’évacuation de l’air chaud. Qui parmi vous l’a déjà essayé ? Faites-nous des retours !

    Dans ces grandes mégapoles, les habitants n’ont pas le choix. Les déplacements en vélo exposent encore moins que ceux en voiture et en transports en commun.

    Par ailleurs, les masques à cartouche seraient dans ces villes plus efficaces. Mais ils sont utilisés dans l’industrie et sont impossibles à porter tous les jours.

    Porter un masque anti pollution de mauvaise qualité peut être trompeur. Il donne une impression de protection, sans la fournir véritablement.

    Le mieux, c’est d’éviter de faire du sport. Et surtout de privilégier les itinéraires sans automobiles. Amis cyclistes, méfiez-vous des voies cyclistes qui longent les routes. Vous êtes exposés aux polluants !

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    5 – Comment faire pour se protéger sans porter un masque anti pollution ?

    Vous l’avez compris, le plus simple est encore de réduire son temps d’exposition. Les plus cyniques diront que l’air intérieur est presque plus pollué que l’air extérieur.

    Probable, mais en attendant, il faut agir. Le cycliste n’est pas un citoyen comme les autres ! Il prend sa vie en main, sa santé, et pédale ! Devrait-il toujours porter un masque anti pollution en velo ?

    Au premier rang de nos recommandations, restez au fait des nouvelles. Il faut se tenir au courant de la présence au non des pics de pollution.

    C’est une notion encore un peu floue pour certains. Vous pouvez trouver l’information sur la présence ou non d’un pic sur www.airparif.asso.fr ou www2.prevair.org. Des applis vélo existent également.

    Vous qui êtes habitués aux cols et aux pics à gravir, connaissez-vous celui-ci ? Il existe quand l’un des 4 polluants suivants dépasse le seuil d’alerte. Ce sont les particules fines (PM10), de l’ozone, du dioxyde d’azote, et du dioxyde de soufre.

    Attention, pour savoir si un pic de pollution se forme, c’est simple. Regardez la météo. S’il fait chaud, qu’il n’y ni a vent ni pluie, C’est mauvais signe.

    Si l’activité habituelle ne réduit pas, les facteurs sont réunis. Et ne croyez pas qu’à la campagne, vous êtes protégés. 30 % des particules fines sont émises par le résidentiel, 20 % par l’agriculture, et 15 % par le transport routier.

    Ensuite, une fois informé, si vous pouvez, sortez aux heures plus calmes. Le soir, quand l’activité humaine est réduite. Ou évitez les heures de forte circulation, les polluants voyagent loin dans l’air.

    Enfin, privilégiez les parcours très à l’écart des villes et des zones industrielles. Le mieux est encore de faire des sorties en montagne, l’air y est plus sain.

       

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